L'Auvergne sous les étoiles de Baltard samedi 8 décembre à 20h

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Carte federations Ligue 2018 200A la fin du XIXe siècle, avec les révolutions industrielles, l'émigration a fait le vide dans nos villages du Massif Central ; il faut une quinzaine d'heures pour rejoindre la capitale alors que Saint-Flour était deux fois plus loin de Paris - en diligence - quelques années plus tôt ! Le rail bouleverse la vie sociale et économique... L'exode rural se développe, les migrants auvergnats s'installent à Paris. 
La mécanisation de l'agriculture et l'augmentation de la population due à la chute de la mortalité infantile – les fermes sont trop petites pour nourrir décemment les familles nombreuses qui les exploitent – obligent de nombreux paysans à venir tenter leur chance à Paris. Ils s'intègrent dans cette ville pleine d'opportunités et brillent dans tous les travaux durs et fatigants que les parisiens rechignent. A Paris, l'Auvergnat continue de vivre à la mode de son village; il parle patois, se nourrit des mêmes plats et danse au son de la Cabrette. 
Dès son arrivée à Paris, l'émigrant auvergnat, que ses parents et amis sont allés prendre à la gare, est conduit à la place qui lui est destinée, chez un compatriote, naturellement. Ils arrivent ainsi avec les sabots légendaires et les traditionnels quarante sous dans la poche. Il faut travailler presque tout de suite, sans délai. Mais qu'importe? Beaucoup, en débutant, ont fait le rêve, s'ils réussissaient, de retourner finir leurs jours à l'endroit où ils sont nés : mais bien peu l'accomplissent, tant de liens d'affaires et de famille les retiennent une fois installés à paris. Tous n'ont qu'un but devenir patrons. Economes et laborieux, ils amassent sou par sou pour l'achat d'un fond, à l'ouverture d'une boutique, ils ne reculent devant aucune tâche aussi chôment-ils rarement. 

 

bonnetL'arrivant ne ressent pas cette nostalgie du pays si fréquente ; ils se retrouvent en famille, chez des patrons qui parlent le même patois, à des tables où l'on mange les mets de leur village. Le soir, ils vont danser au son de la musette. Chaque arrière-boutique de marchand de vins passage Thiéré, rue de Lappe, est une salle de bal. Ainsi, Paris leur apparaît comme le village de leur jeunesse aux jours des grandes fêtes...c'est aussi souvent ce soir-là que se font les "rencontres" avec une payse nouvellement venue, comme eux... 
Le 14 juillet 1882, le premier numéro de L'Auvergnat de Paris, journal des émigrants du Centre est né. Son créateur, un Cantalien, né en 1856, à Aurillac : Louis Bonnet. Il est le fils d'un journaliste imprimeur de la capitale géraldienne, qui comme beaucoup de ses compatriotes, "monte" à Paris pour gagner sa vie. Se lançant dans le journalisme politique, il a, à 26 ans, l'intuition géniale de fédérer le petit peuple auvergnat de Paris, de cette fin du XIXe siècle. Avec comme cri de ralliement : "Tout pour l'Auvergne". Natifs des hautes terres aux confins du Cantal, de l'Aveyron et de la Lozère, d'origine paysanne, avec peu d'instruction et la foi catholique, ils sont assez différents de l'intellectuel citadin et du politicien anticlérical qu'est Louis Bonnet. Mais, un même amour de la terre nourricière du Massif central les réunit. Le journal, paraissant tous les vendredis, comporte quatre pages et le lecteur peut découvrir la politique, la littérature, les faits divers, sous la plume de personnalités auvergnates prestigieuses, comme Jules Vallès. En 1900, le journal se présente sur quatre pages et il est vendu 15 centimes. 
  
L'ambition de Louis Bonnet est également de défendre les Auvergnats de Paris, les grouper, et s'adjoindre le concours des notables établis, d'origine auvergnate. Le mouvement auvergnat se structure sous son impulsion : syndicats professionnels, sociétés de secours mutuel, cercle littéraire, amicales. Chaque canton ou même village du Massif central créé la sienne à Paris ; des amicales voient également le jour en banlieue, par localité. Des groupes folkloriques s'organisent. Et en 1886, Louis Bonnet fonde la Ligue Auvergnate et du Massif central pour relier cette puissance disséminée et défendre l'image et les intérêts de la colonie dans tous les domaines. 
La Ligue auvergnate comprend des milliers d'adhérents et, chose curieuse, elle est peut-être, à l'époque, la seule des sociétés de ce genre qui ne soit pas une association de secours mutuels ou de bienfaisance. C'est plutôt une société de défense, de protection qui est le trait d'union entre les divers syndicats presque exclusivement composés d'Auvergnats ; c'est comme un libre Parlement des émigrants, qui peut leur rendre de grands services. Mais, il y a aussi un temps pour rire, chanter et danser. Des fêtes mémorables ont lieu; des banquets de la Ligue réunissent jusqu'à quinze cents personnes, hommes et femmes...tous Auvergnats. 
L AuvergnatdeParisEn 1886, un premier banquet est présidé par Joseph Cabanes, sénateur du Cantal. En 1887, une réunion a lieu au Cirque d'Hiver, pour la lecture, des statuts de la Ligue, qui ne pouvait manquer de prospérer, après son remarquable début : six mille personnes, à cinquante centimes par entrée, assistaient à la séance...! 
En 1887, le deuxième banquet est présidé par Devès, l'ancien ministre de la justice. Et les banquets suivent les banquets au Salon des Quatre-Tourelles, non loin des Halles ; au Salon des Familles, à Vincennes ; à Saint-Ouen, un peu partout. Le troisième est présidé par Louis Denayrouze, ancien député de l'Aveyron; Le quatrième, par M. Jourdan, député de la Lozère; Le cinquième, par M. Andrieux, ami de M. Amagat, dont il brigue la succession dans l'arrondissement de Saint- Flour; Le sixième, par M. Chassaing, député de Paris; Le septième, par le poète François Fabié. Inutile de dire que ces repas monstres sont suivis de bals et que les menus, rédigés en patois, promettent tous les plats en honneur au pays. 
Ainsi, chaque année, en décembre, cette grande soirée de gala appelée "Nuit Arverne" où l'élection des Pastourelles apparaît comme point d'orgue à cette grande fête conviviale réunit plus d'un millier de compatriotes. 
Ce grand homme providentiel pour la communauté auvergnate s'éteint en 1913 : une foule immense a suivi son cercueil de la Bastille au cimetière du Père-Lachaise. Une rue du XIe arrondissement porte aujourd'hui son nom... au cœur de la "petite Auvergne"... 
Entre 1913 et 1940, c'est son fils, Louis Bonnet, qui prend sa succession et s'occupe du journal. Avec la guerre de 1914 - 1918, la survie de l'hebdomadaire s'organise grâce à l'appui et au travail de la veuve du fondateur. De 1919 à 1939, c'est l'âge d'or pour L'Auvergnat de Paris... L'histoire locale de toute une région se raconte au fil des nouvelles locales, très détaillées, grâce au dévouement des correspondants. Les rubriques de petites annonces concernant les offres d'emploi, les ventes de fonds de commerce... jouent un rôle important dans la vie économique de Paris et de l'Auvergne. Le journal ne manque pas de saluer l'accession de personnalités, originaires du Massif central à des fonctions élevées dans la vie politique ou publique : à l'Elysée, à la Présidence du Conseil, à l'Hôtel de Ville, au Palais de Justice ou à l'Archevêché de Paris. 
  
En 1925, Louis Bonnet, le compositeur Joseph Canteloube et le poète Camille Gandilhon Gens-d'Armes créent "La Bourrée de Paris". Elle a pour but de contribuer au maintien, au développement, à la mise en valeur et à la conservation du patrimoine artistique du Massif Central en matière de danses et de chants. A cette fin, elle dispose d'un corps de ballet et d'une chorale composés avec d'originaires des sept départements. 
C'est Louis Bonnet, troisième du nom qui tient la barre à partir de 1952, son père étant décédé, il devient aussi secrétaire général, puis président de la ligue auvergnate de 1953 à 1980. 
En 1981, Raymond Trébuchon prend les rênes de la Ligue Auvergnate jusqu'en 2011 où Jean Mathieu lui succéda. 

Depuis le 17 avril 2018, Isabelle CAZALS a pris en main la destinée de la Ligue Auvergnate et du Massif Central.  

 

 

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