chateau fort mauzunJournal d'un Ermite en 2020

Qui aurait pu penser il y a encore peu de temps qu'un cataclysme portant le joli nom de virus couronné mettrait ainsi à genou la terre entière. De joli, il n'a en effet que le nom, cet ennemi invisible et sournois. Est-ce un signe du destin pour que, un siècle après, une pandémie succède ainsi à une autre ? Mon seul désir, à ce jour, est que celui-là fasse moins de victimes que son prédécesseur !

 

Face à ce fléau, nous ne sommes pas tous égaux. Il est sans doute plus supportable de rester chez soi quand on a la chance de vivre au cœur de la Toscane d'Auvergne que lorsqu'on est confiné au dixième étage d'une barre d'immeuble dans cinquante mètres carrés. Cette chance, je l'ai !

Nichée sur un promontoire entre Billom et Vic-le-Comte, ma maison semble avoir été prévue pour un ermitage de longue durée. J'ai le bonheur, lorsque j'ouvre mes volets, de contempler la beauté presque Italienne de notre belle Toscane d'Auvergne. Où que mes yeux se portent, je peux admirer le château de Coppel d'un côté, celui de Montmorin d'un autre, celui de Mauzun un peu plus loin et celui de Ravel à l'horizon.

Alors oui, je suis confiné ! Mais je suis plutôt d'une nature solitaire, et je passe 95% de mon existence au cœur de ce havre de paix et de nature. Ce qui me manque le plus, les 5% restants, ce sont les rencontres avec mes lecteurs, et quelques réunions entre amis. Et bien sûr, je ne peux m'empêcher de penser à tous ceux qui n'ont pas cette chance. Les victimes, d'abord, qui paient un lourd tribut à ce qu'on appelle peut-être à tort le progrès. Les soignants, ensuite, animés d'un véritable sacerdoce pour faire face au péril de leurs vies. Enfin, mes proches... Ma maman, âgée et seule dans sa petite maison au cœur du Berry. Mes deux sœurs, l'une dans son petit village de Corse du Sud, inactive puisque œuvrant dans le secteur du tourisme. Et l'autre, confinée seule dans son petit pavillon de la région parisienne. Mon fils et sa compagne, bloqués dans leur petit appartement à Clermont-Ferrand.

Serge Camaille (Prix Arverne 2018)

Souvenirs

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