Extrait du journal d’une confinée...

PHOTO PARISDimanche 22 mars 2020 
Le soleil se couche sur Paris, les heures de cette journée se sont égrenées dans une ville endormie ou pour une fois le chant des oiseaux couvrait celui des autos. 
Entre deux immeubles, j’entrevois le ciel et ses lueurs rouges, signe s’il en fallait un, que demain la journée sera belle. 
Notre moral fluctue au rythme des statistiques. Lueur d’espoir en Italie où l’on observe une diminution du nombre de nouveaux cas, lueur d’espoir en Chine où les habitants commencent à sortir après deux longs mois d’hibernation.

 

Le printemps est arrivé, le soleil nous enveloppe de ses rayons pour réchauffer nos membres engourdis.

Le tableau se teinte chaque jour davantage de fleurs, autant de signes de la renaissance éternelle de cette nature que nous maltraitons tant. Un vrai message pour nous aider à garder espoir et à croire en demain.

Je me revois enfant, lorsque j’étais en vacances dans le Cantal.

J’aimais passer du temps au jardin avec ma grand-mère.

Elle me prenait par la main et se plaisait à me faire visiter son royaume.

Là un carré de salades, là des petits pois, des carottes, des pommes de terre, c’était magique !

Je garde enfouies dans ma mémoire toutes ses recommandations pour que les légumes poussent bien : sarcler les mauvaises herbes, veiller à ce que les limaces ne mangent pas les salades.

Pour me responsabiliser, elle m’avait concédé un précieux carré d’un mètre sur un mètre dans lequel je m’essayais au jardinage.lettre

Surtout planter les petits pois trois par trois, puis recouvrir délicatement, arroser et enfin attendre patiemment que le miracle se produise…..

Lorsque nous avions bien travaillé, nous rentrions à la maison pour « faire les quatre heures ».

Posée sur une étagère au-dessus du cantou trônait une boîte magique : celle du chocolat.

A l’intérieur, des tablettes de chocolat Poulain et dans chaque tablette une image que je collectionnais avidement.

Au goûter des pains perdus, et un carré de chocolat pour ne pas jeter le pain même lorsqu’il était sec.

Lorsque tout cela sera terminé, nous garderons probablement à notre tour les stigmates de ces temps difficiles.

Je comprends mieux aujourd’hui pourquoi ma grand-mère stockait , dans le placard situé au-dessus de la cuisinière à bois, des poignées de savon de Marseille qu’elle faisait sécher afin qu’il s’use moins vite et des sachets de sucre en poudre pour les confitures.

Que trouverons-nous dans nos placards ? Du gel hydroalcoolique et des masques FFP2 ? Que raconterons-nous à nos petits-enfants lorsqu’ils s’en étonneront ?

Catherine JAMMES

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